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Visiter Rabaul : guide complet de la cité volcanique de PNG

Rabaul est l’une des destinations les plus singulières de la planète. Engloutie en 1994 par les coulées de cendres et de lave du Tavurvur et du Vulcan, la ville originelle dort encore sous plusieurs mètres de matière volcanique. Ce qui reste est à la fois fantomatique et magnifique : une caldera maritime entourée de volcans actifs, un plancher océanique tapissé d’épaves de la Seconde Guerre mondiale et une culture Tolai d’une vivacité rare. Pour le voyageur curieux, Rabaul est l’un des endroits les plus étonnants de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Comprendre Rabaul : une ville à l’histoire mouvementée

Comprendre Rabaul : une ville à l'histoire mouvementée
Photo : Taro Taylor from Sydney, Australia / Wikimedia Commons (CC BY 2.0)

L’ère coloniale et la Seconde Guerre mondiale

Rabaul a été fondée par les Allemands à la fin du XIXe siècle, puis cédée à l’Australie après la Première Guerre mondiale. Grâce à son port naturel exceptionnel — une caldera volcanique inondée — elle est devenue la principale ville de la région du Pacifique Sud dans les années 1930.

En janvier 1942, les forces japonaises s’emparent de Rabaul en quelques jours malgré une résistance australienne héroïque. La ville devient alors l’une des plus grandes bases militaires japonaises du Pacifique, avec plus de 100 000 soldats à son apogée. Les Japonais creusent des dizaines de kilomètres de tunnels dans les collines volcaniques, construisent des aérodromes et fortifient l’ensemble de la caldera. Plutôt que d’envahir Rabaul, les Alliés choisissent de la contourner et de la bombarder massivement. La garnison japonaise survivra jusqu’à la capitulation de 1945, isolée et affamée.

Ce passé militaire intense explique pourquoi les fonds marins de Simpson Harbour recèlent encore aujourd’hui des dizaines d’épaves intactes.

L’éruption de 1994

Le 19 septembre 1994, deux volcans entrent simultanément en éruption : le Vulcan, à l’ouest, et le Tavurvur, à l’est. En quelques heures, Rabaul est ensevelie sous les cendres. La majorité de la population a pu fuir grâce aux systèmes d’alerte, mais la ville est pratiquement détruite. Quelques bâtiments émergent encore des cendres, figés dans le temps comme des vestiges d’une Pompéi tropicale.

Depuis, la vie urbaine s’est déplacée à Kokopo, 20 km plus au sud, qui fait office de nouvelle capitale provinciale. Rabaul survit en tant que ville-fantôme partielle, lieu de mémoire et base pour les excursions volcaniques.

Les incontournables de Rabaul et de Kokopo

Les incontournables de Rabaul et de Kokopo
Photo : Toktok No Maski Productions / Pexels

Le Tavurvur et la caldera

La marche jusqu’au bord du Tavurvur est l’expérience la plus impressionnante de la région. Depuis le bord de la route principale, un sentier d’environ 45 minutes à 1h30 mène à travers un paysage lunaire de cendres noires et de soufre jusqu’au rebord du cratère actif.

Ce que vous verrez :

  • Le cratère fumant du Tavurvur, qui peut cracher des projections et de la lave en continu ou par intermittence selon l’activité du moment
  • La caldera de Simpson Harbour vue depuis les hauteurs, avec ses eaux turquoise et ses îlots volcaniques
  • Le contraste saisissant entre le cône noir et la végétation tropicale qui recommence à repousser sur les pentes

Consignes impératives : ne montez jamais sans guide local. Vérifiez le niveau d’alerte volcanique auprès du Rabaul Volcanological Observatory avant votre départ. Portez un masque anti-poussière en cas de vent soufflant vers vous. Évitez les jours de forte activité sismique.

Organisation : depuis Kokopo, des taxis peuvent vous déposer au pied du sentier. Des guides locaux proposent leurs services au parking.

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Excursions guidées à Rabaul

Tours volcaniques, plongée sur épaves et culture Tolai avec des guides expérimentés.

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Les tunnels japonais

Pendant l’occupation 1942-1945, les soldats japonais ont creusé un réseau de tunnels souterrains d’une longueur totale estimée à plus de 500 km dans les collines entourant Rabaul. Ces tunnels servaient d’abris, d’entrepôts de munitions, d’hôpitaux de campagne et de postes de commandement.

Plusieurs tunnels sont aujourd’hui ouverts à la visite :

Tunnels de Rabaul Town : les plus accessibles, situés à quelques minutes du centre-ville résiduel. On y trouve encore des équipements militaires rouillés, des inscriptions japonaises sur les murs et des structures de commandement préservées. L’atmosphère est claustrophobe et saisissante.

Tunnel du Commandant : sur les hauteurs de Rabaul, un tunnel plus long avec un éclairage partiel et plusieurs salles latérales encore garnies d’équipements d’époque (moteurs, générateurs, caisses de munitions).

Conseil pratique : apportez une torche puissante même si l’électricité est parfois disponible. La température à l’intérieur est fraîche — prévoir une veste légère. Les guides locaux connaissent des tunnels non répertoriés qui valent l’exploration.

Les épaves sous-marines de Simpson Harbour

Pour les plongeurs, Rabaul est un pèlerinage. Les fonds marins de Simpson Harbour et de la baie de Keravia concentrent une quantité extraordinaire d’épaves militaires japonaises coulées entre 1942 et 1945.

Les épaves phares :

  • Le Manko Maru : cargo japonais de 5 000 tonnes, coulé en 1944, reposant à 25-30 mètres. Ses ponts sont colonisés par des coraux et fréquentés par des bancs de poissons tropicaux spectaculaires.
  • Le Sousei Maru : petit dragueur de mines intègre à 12 mètres, parfait pour les débutants ou la plongée en apnée.
  • L’avion Aichi D3A Val : un bombardier en piqué japonais repose à 10 mètres dans une clarté exceptionnelle. Ses ailes et son cockpit sont visibles depuis la surface.
  • Divers sous-marins : plusieurs petits sous-marins japonais de poche (kō-hyōteki) gisent par petits fonds dans la caldera, accessibles aux plongeurs intermédiaires.

La visibilité à Rabaul est variable selon la saison et l’activité volcanique qui charge parfois l’eau en particules. La meilleure saison pour la plongée est de mai à octobre, avec des visibilités pouvant dépasser 25 mètres.

Pour plus d’informations sur la plongée en PNG, consultez notre guide Plongée en Papouasie-Nouvelle-Guinée.

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La ville fantôme de Rabaul

Le centre de l’ancienne ville de Rabaul est l’une des visions les plus étranges de Papouasie. Les coulées de cendres de 1994 ont recouvert les rues jusqu’à plusieurs mètres de hauteur par endroits. Certains bâtiments émergent encore à moitié, leurs façades noires de suie et leurs toits affaissés sous le poids des années.

À ne pas manquer dans la ville fantôme :

  • L’ancienne cathédrale : sa nef est ensevelie jusqu’aux fenêtres du premier étage, mais le clocher pointe encore vers le ciel.
  • Les maisons coloniales allemandes : quelques villas de l’ère coloniale sont partiellement visibles sous les cendres, leurs vérandas encore intactes.
  • Matupit Island : petite île volcanique dans la caldera, reliée par une route ensablée, avec des habitants qui ont refusé d’évacuer malgré les éruptions successives. Les maisons y voisinent avec des geysers de vapeur et des fumerolles sulfureuses.

La visite de la ville fantôme se fait idéalement avec un guide qui peut vous expliquer l’histoire de chaque bâtiment et les récits de l’éruption vécus par les habitants.

Le musée de Kokopo et le marché

Musée de la Guerre du Pacifique : installé à Kokopo, ce musée est l’un des plus documentés de la région sur le conflit du Pacifique. Ses collections comprennent des uniformes, des armes, des photographies d’époque et des témoignages de survivants australiens, japonais et papoua. Une section entière est consacrée à la vie quotidienne sous l’occupation japonaise.

Le marché de Kokopo : animé chaque matin du lundi au samedi, le marché de Kokopo est l’un des plus beaux de PNG. On y trouve des produits frais tropicaux (durian, rambutan, mangue, papaye, ignames), du poisson séché, des épices locales et des artisans Tolai qui vendent leurs tambu (coquillages cousus en guirlandes spiralées, monnaie traditionnelle).

Arrivez avant 8h pour trouver le plus grand choix et assister à l’animation des premières heures.

La culture Tolai : comprendre le peuple de Nouvelle-Bretagne

Les Tolai sont le groupe culturel dominant de la péninsule de Gazelle, autour de Rabaul. Leur culture est l’une des plus préservées et dynamiques de PNG, notamment en raison de leur relative prospérité économique liée au commerce de la noix de coco et du cacao.

Le tambu : la monnaie des coquillages

Le tambu est la monnaie traditionnelle Tolai, fabriquée à partir de petits coquillages (Nassa callosa) enfilés en longues guirlandes spiralées. Cette monnaie a encore cours aujourd’hui pour les transactions cérémoniales : prix de la mariée, compensation dans les conflits, rituels mortuaires, admission dans les sociétés secrètes.

La valeur d’un tambu se mesure à la longueur de la guirlande et à la qualité des coquillages. Un tambu de plusieurs mètres peut valoir l’équivalent de plusieurs centaines de dollars australiens. Les femmes Tolai cousent les coquillages toute leur vie, accumulant un patrimoine en tambu transmis à leurs filles.

Les danses tubuan et duk-duk

Le duk-duk et le tubuan sont des sociétés secrètes Tolai dont les masques et les rituels constituent l’un des patrimoines immatériels les plus spectaculaires de Mélanésie. Les masques coniques (tubuan), constitués d’une structure en bambou recouverte de feuilles peintes et décorées, sont portés lors de cérémonies qui peuvent durer plusieurs jours.

Ces cérémonies sont partiellement ouvertes aux étrangers selon le type de rituel. Votre guide ou votre hébergement peut vous informer si une cérémonie publique est prévue pendant votre séjour.

La pirogue à balancier

Les Tolai sont des navigateurs traditionnels. Les pirogues à balancier décorées de motifs géométriques colorés sont encore utilisées pour la pêche et les déplacements entre les îlots de la caldera. Certains artisans de Kokopo fabriquent et vendent des maquettes de ces pirogues qui constituent de magnifiques souvenirs.

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Itinéraire suggéré : 4 jours à Rabaul et Kokopo

Itinéraire suggéré : 4 jours à Rabaul et Kokopo
Photo : Gije Cho / Pexels

Jour 1 — Arrivée et acclimatation Atterrissage à l’aéroport de Tokua. Transfert vers Kokopo (45 minutes). Installation à l’hôtel. Promenade dans le centre de Kokopo, visite du marché en fin d’après-midi. Dîner de poisson grillé dans un restaurant local.

Jour 2 — Volcans et ville fantôme Départ tôt pour la randonnée au Tavurvur (guide obligatoire). Pique-nique sur les hauteurs avec vue sur la caldera. Après-midi : exploration de la ville fantôme de Rabaul, cathédrale ensevelie et tunnels japonais. Coucher de soleil depuis les falaises au-dessus de Simpson Harbour.

Jour 3 — Plongée sur épaves Journée complète avec un opérateur de plongée local : 2 à 3 sorties sur les épaves majeures de Simpson Harbour. Retour en fin d’après-midi. Soirée au musée de la Guerre du Pacifique (certains soirs avec projection de documentaires).

Jour 4 — Culture Tolai et marché Matin : marché de Kokopo pour les achats et la rencontre avec les artisans Tolai. Visite d’un atelier de fabrication de tambu si disponible. Après-midi : Matupit Island en pirogue à balancier. Départ en soirée ou nuit supplémentaire.

Retrouvez notre itinéraire complet en PNG dans le guide Papouasie en 7 jours.

Informations pratiques

Accès

Par avion : l’aéroport de Tokua est situé à 40 km de Kokopo. Air Niugini et PNG Air desservent cette destination depuis Port Moresby (1h30). Réservez vos vols à l’avance, les places sont limitées.

Depuis l’aéroport : des taxis et minibus font la liaison avec Kokopo (30-45 minutes, environ 50-80 PGK). Votre hôtel peut organiser un transfert.

Hébergement

La majorité des hébergements de la région se trouvent à Kokopo, ville plus sûre et mieux équipée que le site de Rabaul même. Les options vont du simple lodge pour backpackers aux lodges de confort international avec piscine. Réserver à l’avance est recommandé en haute saison (juillet-août).

Pour les voyageurs avec un budget serré, quelques guesthouses proposent des chambres correctes à 100-200 PGK la nuit. Les hôtels de confort intermédiaire se situent entre 300 et 600 PGK. Les meilleurs établissements peuvent dépasser 1 000 PGK.

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Hôtels à Kokopo et Rabaul

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Budget indicatif

PosteBudget moyen par jour
Hébergement (chambre double)200–600 PGK
Repas (restaurants locaux)50–150 PGK
Transport local (taxi/minibus)30–100 PGK
Guide volcanique (demi-journée)100–200 PGK
Plongée (sortie 2 plongées)300–500 PGK
Entrées musées et sites20–50 PGK

Comptez entre 700 et 1 500 PGK par jour selon votre style de voyage, hors vols intérieurs.

Consultez notre article sur le budget pour visiter la Papouasie-Nouvelle-Guinée pour une estimation complète du voyage.

Sécurité

Rabaul et Kokopo sont globalement plus sûres que Port Moresby, mais les précautions habituelles s’appliquent :

  • Évitez de vous déplacer seul la nuit, surtout dans les zones peu éclairées
  • Ne portez pas de montres ou de bijoux visibles
  • Utilisez les taxis recommandés par votre hôtel
  • Conservez vos documents et valeurs dans le coffre de l’hôtel
  • En cas d’excursion volcanique, toujours rester avec votre guide

Monnaie et paiement

La monnaie locale est le kina papouasien (PGK). Les distributeurs ATM se trouvent principalement à Kokopo. Les hôtels et restaurants de moyenne gamme acceptent les cartes bancaires internationales ; les guides locaux, taxis et petits commerces ne fonctionnent qu’en espèces. Prévoyez assez de liquide pour vos excursions.


Rabaul n’est pas une destination facile au sens conventionnel du terme. Il n’y a pas de complexe touristique, pas d’hôtels à l’occidentale en grand nombre, pas de route balisée pour le visiteur de masse. Ce que vous y trouverez à la place est beaucoup plus rare : une caldera volcaniquement active où les cendres recouvrent l’histoire, des fonds marins qui recèlent les fantômes d’une guerre mondiale, et un peuple — les Tolai — dont la culture résiste depuis des siècles à tout ce que la géologie et l’histoire ont pu lui infliger. Rabaul vous restera longtemps en mémoire.

Pour préparer l’ensemble de votre voyage, lisez notre guide complet de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Questions fréquentes

Rabaul est-elle dangereuse à visiter en raison des volcans ?

Rabaul est activement surveillée par le Rabaul Volcanological Observatory. Le Tavurvur est en éruption sporadique depuis 1994. Les visiteurs séjournent à Kokopo, ville voisine à 20 km, jugée sûre. Des excursions vers les cratères sont possibles par beau temps avec un guide local. Renseignez-vous sur le niveau d'alerte avant tout déplacement.

Comment rejoindre Rabaul depuis Port Moresby ?

Air Niugini et PNG Air desservent l'aéroport de Tokua (Rabaul) depuis Port Moresby avec 1 à 3 vols quotidiens selon la saison. Le vol dure environ 1h30. Depuis Kokopo, des minibus et taxis desservent la région. Il n'y a pas de liaison maritime régulière depuis Port Moresby.

Combien de jours prévoir pour visiter Rabaul et la région ?

Prévoyez 3 à 4 jours minimum pour découvrir l'essentiel : la caldera et les volcans (1 jour), les épaves et sites de plongée (1 à 2 jours), les musées et le marché de Kokopo (1 jour). Les amateurs d'histoire peuvent facilement passer 5 à 6 jours dans la région.

Quelle est la meilleure période pour visiter Rabaul ?

La saison sèche (mai à octobre) est idéale pour la plongée et les randonnées volcaniques. La saison des pluies (novembre à avril) n'empêche pas la visite, mais les sentiers des cratères peuvent être glissants. Évitez de planifier une randonnée volcanique en période de forte activité sismique.

Peut-on plonger sur les épaves de Rabaul ?

Oui, Rabaul abrite l'une des plus grandes concentrations d'épaves de la Seconde Guerre mondiale au monde, parfaitement accessibles en plongée. Les épaves de Kokopo et Simpson Harbour incluent des navires japonais, des avions et même un sous-marin. Des opérateurs locaux proposent des sorties pour tous niveaux.

Qu'est-ce que la culture Tolai ?

Les Tolai sont le peuple mélanésien indigène de la province de Nouvelle-Bretagne. Ils sont réputés pour leur système monétaire traditionnel (tambu, coquillages cousus en spirale), leurs danses tubuan et duk-duk, leurs sculptures en bois et leur maîtrise de la pirogue. Leur culture est l'une des plus dynamiques et préservées de PNG.

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